SLOW LIFE, SLOW ART

Retrouver son rythme, habiter son temps


Le slow life

Le slow life n’est pas, pour moi, un simple concept. C’est une décision profonde qui a transformé ma vie.

Après plusieurs tentatives de ralentissement infructueuses, j’ai fini par comprendre qu’il me fallait choisir autrement. À un moment charnière, j’ai donc pris la décision de vivre complètement de mes passions, mes joies. J’ai choisi le voyage, la nature, la création et la transmission, sans même savoir comment j’y arriverais, avec cette sensation de vertige. Avec le travail, la famille et les responsabilités, cela paraissait parfois impossible, mais j’étais à un point de non-retour. Alors, en quelques étapes, j’ai donc appris à ralentir, écouter mon intuition et faire confiance, accompagnée de cette cohérence intérieure.

Ce qui a tout changé, c’est le moment où j’ai osé transformer mes fausses croyances, celles qui disent qu’une vie libre et abondante ne vient qu’au prix d’un travail incessant. Et c’est à partir de là que tout s’est aligné, presque naturellement. Le slow life, c’est aussi retrouver son pouvoir intérieur et son véritable rythme. C’est affirmer ses réels besoins comme un droit, une nécessité et non comme un luxe.  

Je m’arrime à une structure simple, mais évolutive avec des projets/passions qui ont le potentiel de devenir des leviers. La vie me soutient, la solution arrive parfois au dernier moment, comme un rappel de garder confiance.

Face à la ville de Dakar, le temps de solitude devient une respiration. Contempler l’horizon, c’est se recentrer, écouter son intériorité et accueillir le calme comme une force.

 

Autour d’un thé, la présence prend tout son sens : partager, échanger, prendre le temps de créer du lien dans la communauté.

 

Le slow life n’est pas l’absence de passion et d’épreuves, mais l’art de traverser la vie avec humour, légèreté et confiance dans le rythme qui se déploie. C’est une manière d’habiter pleinement chaque instant : rire, relativiser, transformer l’inconfort en étincelle, accueillir le stress comme une expérience qui nous apprend. Ces moments nous rappellent que la vie sait toujours remettre les choses en place. En choisissant de nous laisser emporter sans résistance, nous découvrons une liberté nouvelle : avancer au rythme imprévu, avec humour et confiance.

Ce taxi de nuit, direction l’aéroport de Casablanca, s’est changé en discothèque roulante : transformer la tristesse du départ en éclat de joie.

 


Le slow art

Le slow art dans la démarche artistique

Le slow life s’est naturellement prolongé dans ma démarche artistique. Créer, c’est déjà ralentir. Chaque œuvre porte en elle un temps de gestation, d’observation, de rencontre.

Le slow art propose la même expérience que le slow life : sortir de la consommation rapide des images pour revenir à la contemplation, à la profondeur. Dans un musée, on passe en moyenne quelques secondes devant une œuvre. Le slow art invite au contraire à s’attarder, à regarder, à ressentir et même vivre avec cette œuvre. Dans ma création, je privilégie l’authenticité plutôt que la quantité.

Autrefois, dans les sociétés premières, l’art faisait partie intégrante de la vie quotidienne. Il servait à marquer les saisons, à célébrer les événements importants, à accompagner les rites de passage. L’art était lié au rythme de la nature et de la communauté, une manière de donner sens et de renforcer les liens collectifs. Dans le slow art, je retrouve cette dimension : créer non pas pour produire, mais pour habiter le temps et honorer la vie.

Dans mes projets, les tissus et les objets du quotidien deviennent porteurs de mémoire. Ils nous rappellent les femmes, leurs gestes patients, et le rythme lent de la communauté, comme une respiration qui relie chacun au vivant. Je prends le temps d’observer les détails simples de la vie.

Je savoure cette liberté rare : suivre mes horaires intérieurs, écouter le rythme imprévu de ma créativité. Peu importe où je me trouve dans le monde, chaque instant s’ouvre comme un atelier nomade où le travail devient un art de vivre.

 

Pour moi, le slow art n’est pas seulement une manière de créer à travers un rythme en équilibre : c’est une invitation ouverte à tous. Nous avons chacun le droit d’entrer dans le monde de la création, car elle n’est pas réservée à une élite. Et parce que je pratique le slow art, je prends aussi le temps de partager mon processus de création. Ce partage devient une passerelle : il permet à d’autres de découvrir leur propre manière de créer, d’oser transformer leur vie et de marcher à leur tour sur un chemin plus aligné.

 

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